Coronavirus : la vérité sur limmunité – Les Échos

Alors que la baisse régulière des indicateurs statistiques – réanimations, décès, contaminations… – laisse espérer que l’épidémie de Covid-19 est en voie de résorption dans l’Hexagone, voici que plusieurs études portant sur la réponse immunitaire à l’an infection par le coronavirus SARS-CoV-2 nous envoient, elles aussi, des signaux encourageants.

L’une des dernières en date a été celle menée par l’Institut Pasteur avec le CHU de Strasbourg, qui a fait l’objet d’une prépublication sur le website MedRxiv . On savait déjà que les personnes atteintes de formes sévères de la maladie développaient des anticorps spécifiques du SARS-CoV-2 deux semaines après le début des symptômes ; on savait en outre que le taux d’anticorps et leur capacité à neutraliser le coronavirus étaient d’autant plus élevés que les sufferers avaient été plus gravement malades. Mais on ignorait encore jusqu’à une date récente ce qu’il en était pour les personnes n’ayant développé qu’une forme mineure, de loin les plus nombreuses.

C’est cette inquiétante zone d’ombre qui s’est trouvée enfin éclaircie grâce aux chercheurs de l’Institut Pasteur. Ceux-ci ont suivi 160 volontaires, membres du personnel hospitalier du CHU de Strasbourg et tous atteints d’une forme mineure. Chez la quasi-totalité d’entre eux (159 sur 160), a été détectée la présence dans le sang, entre 13 et 41 jours après le début des symptômes, d’anticorps anti-SARS-CoV-2. Un check in vitro a ensuite permis de déterminer que ces anticorps étaient neutralisants chez 79 %, 92 % et 98 % des malades, respectivement 13 à 20 jours, 21 à 27 jours et 28 à 41 jours après le début des symptômes. En clair, quatre semaines après le début d’une forme mineure, la quasi-totalité (98 %) des anciens malades se trouvent immunisés et donc protégés, au moins temporairement, contre une réinfection.

Immunité croisée

Deux semaines avant l’étude de Pasteur, une autre étude, due celle-ci à une équipe de chercheurs californiens et publiée dans la revue « Cell » , avait déjà allumé une lueur d’espoir en accréditant l’hypothèse dite de l’« immunité croisée ». Cette hypothèse postule que des personnes exposées à d’autres coronavirus endémiques, tels ceux ne provoquant qu’un banal rhume, développeraient des anticorps non-spécifiques de SARS-CoV-2 mais suffisamment semblables à eux pour les protéger contre le Covid-19 – ce qui pourrait expliquer à la fois la décrue de l’épidémie et le fait que les enfants, chez qui ces infections bénignes sont particulièrement fréquentes, soient peu touchés par l’épidémie. De fait, les auteurs de l’étude de « Cell » ont identifié, chez des personnes jamais exposées au SARS-CoV-2, des cellules immunitaires, les lymphocytes T, qui reconnaissent le nouveau virus. Selon eux, de 40 à 60 % de la inhabitants pourraient en être porteurs.

Ce qui ne veut pas dire que ces quelque 40 à 60 % de la inhabitants seraient de facto immunisés contre le Covid-19, loin de là ! Quel niveau de safety une an infection à l’un ou l’autre des coronavirus endémiques ne provoquant que des rhumes ou de légers symptômes grippaux confère-t-elle contre le bien plus redoutable SARS-CoV-2 ? L’étude ne le dit pas. Il n’est pas not possible que certains anticorps, dus à d’autres coronavirus que SARS-CoV-2, puissent, par immunité croisée, nous aider à nous défendre contre le nouvel agent infectieux, mais toute la query est de savoir lesquels. Dans « Nature » , une équipe emmenée par Davide Corti, un chercheur travaillant pour la biotech californienne Vir, a identifié chez des individus ayant été touchés par l’épidémie de SRAS qui s’était propagée entre 2002 et 2004, un anticorps, appelé S309, ayant la capacité de neutraliser à la fois le coronavirus SARS-CoV-1, responsable du SRAS, et son cousin germain SARS-CoV-2. Ce double effet, aussitôt exploité sur le plan thérapeutique (lire ci-dessous), s’explique certainement par la très forte homologie génétique existant entre ces deux coronavirus, qui appartiennent tous deux à la même sous-famille des sarbecovirus. Mais les coronavirus endémiques responsables des rhumes sont génétiquement plus éloignés.

Effet facilitant

Qui plus est, notre système immunitaire est si complexe qu’il se trouve des cas où l’immunité croisée, loin de nous protéger contre l’« autre » maladie, ne fait au contraire que l’aggraver – on dit alors que les anticorps en trigger ont un « effet facilitant ». Pour le comprendre, un bref rappel de nos cours de biologie s’impose. Le système immunitaire est en réalité composé de deux sous-systèmes : l’un, dit adaptatif, met en jeu les lymphocytes B (qui produisent les anticorps) et T (qui éliminent les cellules cibles) ; l’autre, dit inné et basé sur un autre ensemble de cellules immunitaires (cellules NK, macrophages…), nous confère une safety plus immédiate mais moins sturdy. Tous les anticorps possèdent une partie spécifique et variable qui leur permet de reconnaître l’agent infectieux qu’ils sont conçus pour éliminer ; mais ils possèdent également une partie constante, que l’on retrouve à l’identique chez la totalité d’entre eux, et par laquelle ils se lient aux cellules de l’immunité innée.

Or, c’est par là que les problems peuvent survenir. « En impliquant le système inné grâce à leur partie commune, les anticorps font que, selon les cas, l’immunité croisée se révèle tantôt bénéfique, tantôt néfaste », nous explique la chercheuse de l’Institut Cochin Morgane Bomsel, qui cite des expériences sur des primates ayant prouvé l’existence de ce phénomène complexe. Rappelons que c’est à l’emballement du système inné que nous devons les fameux « orages cytokiniques » se produisant dans les formes graves de la maladie.

Pour y voir plus clair sur l’immunité croisée et son attainable rôle dans l’épidémie actuelle, les anticorps en trigger devraient être passés à la moulinette d’autres études, dites fonctionnelles, plus complexes à mettre en oeuvre et plus longues à produire leurs résultats que celles qui ont permis de les identifier. La recherche biomédicale avance… à son rythme.

S309 et les autres anticorps monoclonaux

La publication de Davide Corti et son équipe dans « Nature » au sujet de S309 a permis une nouvelle percée sur le entrance des anticorps monoclonaux, cette classe de médicaments qui, en l’absence de vaccin, représente peut-être aujourd’hui notre meilleure arme thérapeutique contre le coronavirus. Les anticorps monoclonaux, produits en laboratoire à partir d’un lymphocyte B (qui sécrète l’anticorps mais, seul, n’a pas la capacité de se reproduire) hybridé à une cellule cancéreuse (qui guarantee cette copy indéfinie), correspondent à ce qu’on appelle l’immunothérapie passive, par opposition à l’immunothérapie lively qu’est le vaccin : alors que le vaccin permet à l’organisme de produire naturellement (et durablement) les anticorps nécessaires pour combattre tel ou tel pathogène, l’immunothérapie passive consiste à les injecter dans l’organisme, où malheureusement ils n’ont qu’une durée de vie relativement courte, de l’ordre de quelques mois. S309 n’est pas le seul anticorps monoclonal faisant l’objet d’intenses recherches dans le cadre de la lutte contre Covid-19. Dans une publication de la revue « Cell », une équipe chinoise a proposé son propre cocktail de 14 anticorps monoclonaux susceptibles de neutraliser le coronavirus. « L’affiliation de plusieurs anticorps monoclonaux sous forme de cocktail permet de contrer les stratégies d’échappement du virus, c’est-à-dire de lui barrer la route dans plusieurs voies différentes en même temps », explique la chercheuse Morgane Bomsel. D’autres anticorps monoclonaux, d’un kind différent, sont le tocilizumab de Roche (dont il a été beaucoup query après la valse-hésitation de l’AP-HP à son sujet), le sarilumab ou encore l’advoralimab d’Innate Pharma. Ces dernières molécules s’attaquent, non pas au virus lui-même, mais aux cytokines et autres brokers de l’immunité innée. Leur however : empêcher que ce système ne s’emballe et déclenche un « orage cytokinique », cette réaction immunitaire extreme… et potentiellement mortelle.

Le mystère des pseudo-réinfections

Les cas d’apparentes réinfections signalés au début de l’épidémie en Corée du Sud ne semblent pas s’être reproduits depuis, ailleurs.

De ce fait, les scientifiques s’accordent à dire qu’il ne s’agissait vraisemblablement pas de réinfections réelles.

Diverses hypothèses sont avancées pour les expliquer : fake négatifs (une défaillance des checks ayant déclarés les sufferers guéris), réactivation du virus se traduisant par un rebond de la cost virale (comme si le virus, un temps endormi, s’était ensuite réveillé), and so on.

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