Parrot attaque DJI pour espérer revenir dans la course aux drones – Les Numériques

Le fabricant français de drones Parrot tente de séduire l’armée américaine avec un nouvel appareil volant qui a pour qualité première, selon le PDG de l’entreprise, de ne pas être développé par une entreprise chinoise.

“Ne faites pas confiance aux drones chinois.” Parrot n’y est pas allé par quatre chemins pour vendre son nouveau produit aux autorités américaines. Lors d’une présentation qui a eu lieu le 30 juin, le fabricant français de drones a en effet concentré une grande partie de son énergie à saper la réputation de son concurrent chinois DJI afin de remporter un appel d’offres ouvert par l’armée américaine.

Le nouveau produit de Parrot, baptisé Anafi USA est, comme son nom l’indique, construit aux États-Unis (dans le Massachusetts pour être précis). Vendu 7 000 $, l’Anafi USA est équipé de deux capteurs picture de 21 Mpx, d’une caméra thermique, pèse 500 grammes et promet 32 minutes d’autonomie. L’appareil est basé sur le modèle du même nom sorti il y a deux ans et qui n’a pas vraiment rencontré le succès escompté. L’Anafi USA se destine exclusivement à un utilization professionnel, et Parrot espère donc séduire le Pentagone avec un accent mis sur “la sécurité totale des données connectées”.

“Énormes suspicions”

Mais lors de la présentation de son nouveau joujou, Henry Seydoux (le PDG de Parrot) s’est plus préoccupé de saper la réputation de DJI que de vanter les fonctionnalités de son drone. “Nous sommes convaincus que les drones chinois collectent des données à l’insu de leurs utilisateurs”, a expliqué le responsable, qui n’hésite pas à parler “d’énormes suspicions” de collaboration entre DJI et l’État sécuritaire chinois.

Avec des accents quasi complotistes, Henry Seydoux a fusillé une étude qui prétend que les drones chinois de DJI ne présentent aucun risque de sécurité en expliquant que cette conclusion n’était arrivée qu’après un lengthy et suspect délai de plusieurs mois. “Nous prévenons les pouvoirs publics que choisir un drone chinois, c’est prendre un risque”, a insisté le PDG. Bien évidemment, les drones de Parrot, eux, profitent de fonctions de chiffrement “conformes au RGPD” et toutes les données sont “stockées sur des serveurs sécurisés en Europe”.

Le juteux marché de la surveillance

Derrière cette communication particulièrement agressive se trouvent en réalité d’importants enjeux pour Parrot. Dépassé techniquement par rapport à DJI, le fabricant français est dans une mauvaise passe économique à la suite de ventes plus faibles que prévu ces deux dernières années. Au premier trimestre 2020, Parrot affichait un chiffre d’affaires en baisse de 23 % par rapport à la même période l’année précédente. Pour tenter de retomber sur ses pieds, l’entreprise s’est donc tournée vers le marché professionnel en plein essor.

En France comme à Madrid, des drones ont été utilisés pour faire respecter le confinement et surveiller la inhabitants. Un premier coup d’arrêt avait cependant été prononcé par le Conseil d’État qui avait estimé que le risque d’identification et de collecte de données personnelles était trop grand pour faire voler des drones durant le déconfinement.

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